La médaille miraculeusE
Paris

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous."

Quand Marie est apparue en 1830 rue du Bac à Paris, une médaille fut frappée. Devenue « médaille miraculeuse » pour avoir sauvé des milliers de vie au moment de l’épidémie de choléra qui sévissait alors dans le monde et frappa Paris en 1832, cette médaille comprend le M de Marie auquel est joint deux cœurs : ceux de Jésus et Marie, unis.

 

Dans ses visions, la sœur Catherine Labouré a vu Marie porter un globe d’or, complet, sur lequel figurait une croix, et marcher elle-même sur une boule hémisphérique incomplète. Cette dernière représenterait selon le cœur terrestre dans son imperfection, tandis que le globe d’or serait le cœur céleste[1].

 

Or, la frappe de la médaille évoquant le tout premier début, et donc la fin, évoque le temps, période du salut.

 

En outre, la Sagesse, qui tient une part très importante dans la tradition orthodoxe, serait en quelque sorte la matrice universelle à partir de laquelle Dieu aurait précipité la création en devenir et qui aurait été « caché à l’intérieur d’une créature privilégiée »[2] qu’est Marie.

Ainsi, « Marie Reine de l’Univers » porte le globe céleste qu’elle présente au ciel, foulant elle-même de son pas le globe terrestre.

 

A la fois « crucifiée et crucifère ; elle subit la Croix en même temps (qu’)elle la bénit (et) la porte »[3].

 

A nous qui sommes porteuses de vie, qui donnons la vie aux enfants qui sont le monde de demain, il revient de prier pour la préservation de la vie et le respect de son don sacré.

La médaille miraculeuse comporte un endroit et un envers 

A l’endroit figure Marie qui diffuse ses grâces, les mains ouvertes. Sur son poignet droit repose une clef. A l’envers figure le M de son nom sur lequel est planté la croix comme sur un socle, entouré de 12 étoiles et surmontant les cœurs unis de son fils Jésus et d’elle-même.

Jean Guitton note sa dimension universelle : signe d’union, terre et ciel, elle peut être portée par tous : le sage comme le fou. En cela, elle rejoint la Pokrova, qui réunit tout le monde sous son manteau de protection.

 

La Pokrova est une invitation aussi à se réunir sous son manteau. L’action est double : elle nous protège tous mais c’est à nous de nous blottir tous ensemble contre elle.

 

De même, Marie a fait savoir que les rayons qui ne sortaient pas de ses mains étaient les grâces non demandées. Sous-entendu, elle attend qu’on la prie. Dans sa référence à l’immaculée conception (« conçue sans péché »), la prière de la médaille miraculeuse rejoint Notre Dame de Lourdes.

 

D’une grande sobriété comme d’une grande symbolique, la médaille miraculeuse a ce caractère divin tel que défini par Hölderlin :  « ne pas avoir de limites, mais être contenu dans le minime, c’est un caractère divin. »

 

[1] Jean Guitton (de l’académie française), « Rue du Bac ou symbolisme de l’apparition », Editions S.O.S., Paris : 1979, p. 71.

[2] Idem, p. 71.

[3] Idem, p. 75.