L'EGLISE DES CATACOMBES :
l'eglise greco-catholique d'ukraine

Alors que l’Ukraine s’acheminait vers son indépendance, proclamée en août 1991 suite à la dissolution de l’Union soviétique, l’Eglise gréco-catholique ukrainienne (EGCU) sortait des catacombes après des décennies de persécution. Lors de sa reconnaissance légale en 1989, elle ne comptait plus que 300 prêtres, soit dix fois moins qu’en 1939. Elle avait été intégrée de force dans l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou en 1946, lors du pseudo “Synode de Lvov”.

Une Eglise officiellement “liquidée” sur ordre de Staline

Si elle était officiellement “liquidée” après l’envoi au goulag de toute la hiérarchie ecclésiale et de ceux des prêtres qui avaient refusé la “conversion” obligatoire à l’Eglise orthodoxe russe, l’EGCU allait cependant subsister dans la clandestinité durant plus de 40 ans, témoigne Mgr Gudziak. Nommé en 2012 exarque apostolique pour les Ukrainiens catholiques de rite byzantin de France, il fut évêque du diocèse de Paris pour les fidèles gréco-catholiques ukrainiens de 2013 à 2019. Il est aujourd'hui à Philadelphie et est remplacé à Paris par Mgr Hlib Lonchyna.


En Ukraine, l’Eglise gréco-catholique (que dans le passé on appelait “uniate”, du fait que cette Eglise de rite byzantin s’est unie à Rome par l’Union de Brest en 1596) a été l’un des maillons les plus forts de la résistance contre le régime soviétique. Elle lutte encore aujourd’hui pour éradiquer la mentalité de “l’homo sovieticus” qui persiste dans certains secteurs de la société ukrainienne. Finalement, le rétablissement de la liberté religieuse en URSS aboutira à la légalisation de l’EGCU le 1er décembre 1989.

L’EGCU compte en Ukraine neuf éparchies (diocèses) rassemblant cinq à six millions de fidèles. Pour le million d’autres vivant en diaspora à travers le monde, elle dispose de diocèses  au Canada, Etats-Unis, Brésil, Argentine, Pologne, France, Grande-Bretagne et Australie. Elle est surtout implantée en Ukraine occidentale (en Galicie, notamment dans les villes principales de Lviv, Ivano-Frankivsk et Ternopil). Cette région de l’Ukraine était sous domination polonaise dans l’entre-deux-guerres. Depuis le Concile de Vatican II, la langue liturgique de l’EGCU est l’ukrainien, bien que l’ancien slavon ait survécu dans certains chants.


Elle partage la tradition byzantine avec les Eglises orthodoxes (rite, vénération des icônes, des saints et des Pères de l’Eglise d’Orient, chant liturgique byzantin, calendrier liturgique décalé de 13 jours par rapport au calendrier latin).
Bien qu’ayant un grand degré d’autonomie depuis l’Union de Brest-Litovsk en 1596, l’Eglise catholique ukrainienne de rite byzantin constitue une partie intégrante de l’Eglise catholique universelle, pleinement en communion avec le siège apostolique de Rome. 

Plus de 97% des communautés religieuses actuellement enregistrées en Ukraine sont des communautés chrétiennes. Environ la moitié de ces communautés sont de tradition orthodoxe. L’autre moitié est répartie entre catholiques et protestants.
Il existe trois grandes juridictions orthodoxes en Ukraine:
– Eglise orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Kiev)
– Eglise orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou)
– Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne

Trois églises catholiques sont présentes en Ukraine:
– Eglise gréco-catholique ukrainienne
– Eglise catholique romaine
– Eglise catholique arménienne

Source/plus d'information ici

Ouvrages de référence :

Didier Rance, "Des catacombes à la lumière : les catholiques d'Ukraine", AED, 1992. 

Ouvrage collectif édité par l'Université Catholique d'Ukraine, "Persécutés pour la vérité", 2019.

Commande possible près l'éparchie de l'EGCU à Paris. ¨Couverture ci-après. Extraits ici

Antoine Arjakovsky, "Entretiens avec le cardinal Lubomyr Husar - Vers un christianisme post-confessionnel", Parole et Silence, 2005. 

L'Université Catholique d'Ukraine à Lviv est la seule université catholique sur tout le territoire de l'ex URSS.

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